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Lundi 7 à 16h30

Serge Orru, Directeur Général du WWF-France
Un rendez-vous exclusif et en direct pour la défense d'une planète vivante.

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Entrepreneur et entreprenant, Serge Orru est un homme qui aime les défis, les métissages et les rencontres. Depuis près de vingt ans, son credo est de faire se renouer le lien entre l’humain et son environnement et d’allier culture et nature. Aujourd’hui, membre du Conseil d’Administration du Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets, du Conseil d’Administration de la Fondation Good Planet et du Comité d’éthique de la FIDH, il est Directeur Général du WWF-France depuis le 1er juillet 2006. Pour en savoir plus sur les actions de l’Organisation mondiale de protection de l'environnement, venez poser toutes vos questions en direct à Serge Orru. À vos claviers!
 

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Serge Orru, Directeur Général du WWF France.
Bonjour à toutes et à tous.

: L'année de la diversité semble être votre principal chantier en 2010. Quel est l'investissement du WWF France dans cette opération qui a l'air surtout médiatique (selon moi)? Dans les faits, qu'est-ce qui va se passer ou s'est déjà passé ?
Nous nous occupons de la biodiversité depuis de nombreuses années. Notre créneau est de transmettre une planète vivante. La biodiversité c'est la contraction de la biologie et de la diversité. C'est notre vital. Nous devons inventer un monde qui doit produire sans détruire. Nous ne sommes pas les maitres de l'univers. Tous les jours au sein du WWF, notre travail n'est pas que médiatique. Nous voulons préserver au quotidien notre environnement. Nos missions au sein de la WWF c'est la biodiversité. Qu'il s'agisse de préserver la forêt méditerranéenne, les espèces animales... Allez voir sur notre site, vous aurez toutes les informations.

octria michel : Si vous pouviez prendre trois décisions concrètes pour protéger la biodiversité, ce serait lesquelles ?
Pas facile. Ce n'est pas 3 mais 3 000 qu'il faudrait. Le développement de l'espace. En France, nous dévorons l'équivalent d'un département en superficie. Il faut que le niveau de décision n'appartienne plus aux maires mais aux communautés de communes. Ensuite, il ne doit plus y avoir un programme autoroutier qui ne soit pas en adéquation avec la protection de l'environnement. Aire marine protégée qui permet de protéger la biodiversité dans la mer. En Corse, par exemple, les poissons peuvent retrouver des tailles normales et cela permet aux pécheurs de retrouver un travail qui ne soit pas industrialisé.

Freddy : Avec le recul, comment jugez-vous le sommet de Copenhague ?
La vie n'est pas un conte de fée. Nous avons cru que Copenhague était un conte de fée. Nous avons oublié la géopolitique et l'importance des lobbys. Mais l'échec façonne d'autres manières de faire. Il y aura une étape à Bonn et à Cancun. On a aussi compris que rien ne pouvait se faire sans le Sud (Brésil, Inde...). Il faut donc nuancer les résultats de Copenhague. Par exemple, durant le sommet de Copenhague, les Chinois investissait 36 milliards dans les technologies vertes… Il faut aussi investir dans la réflexion de savoir quel monde nous voulons. Il doit y avoir une réflexion sur l'usage, sur le partage aussi bien sur les matières premières que sur les biens de consommation. Le sommet de Copenhague a été un échec, mais l'échec est toujours l'idée d'une autre histoire dixit Yannick Noah.

zozo : L'après-Copenhague n'est-il pas plus défavorable aux défenseurs de l'environnement ? Les citoyens semblent être lassés du catastrophisme et de la culpabilisation et les climato-sceptiques attirent l'attention. Comment rectifier le tir ?
Ne perdons pas de temps avec les climato-sceptiques. Il apparait que les 50 dernières années ont été néfastes pour notre environnement. Le combat est un long combat, incertain. Tout citoyen a envie de préserver sa planète. Il ne faut pas culpabiliser les citoyens. Car quelle est l'offre industrielle ? Notamment s'agissant des veilles en France qui correspondent à la consommation de la Tunisie. Maitrisons donc mieux l'énergie.

Lam : Vous n'êtes pas partis à Bonn ? Pouvez-vous me dire de quoi il s'agit ?
Nous avons une équipe à Bonn qui travaille sur ce sujet. Il faut retrouver une position européenne très difficile, car les pays européens sont divisés. Il faut retrouver l'esprit européen de son origine. Il faut tenter de trouver aussi des objectifs. Je pense que l'on va y arriver. L'objectif de Bonn : réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre à horizon 2050. Le réchauffement climatique est un véritable péril. Quelques degrés en moins c'est une véritable catastrophe.

timothee lamorray : Pourquoi avoir nommé Isabelle Autissier Présidente d'honneur de WWF France ? Pour faire un coup de com' ? Je dis cela parce que cette nomination a été rendue publique durant le sommet de Copenhague si je ne me trompe pas.
armelle : Comment se passe votre collaboration avec Isabelle Autissier ? Elle viendra aussi chatter mercredi... Vive le WWF !
Isabelle Autissier en présidente du WWF France, elle a été élue. Arrêtez avec la com’ ! Elle a une vraie légitimité, c'est une grande femme ! Lisez ses livres. C'est aussi la marraine du Festival des vents que j'ai créé. Elle est ambassadrice de la Ligue des Droits de l'Homme. C'est une curieuse, une simple, une grande dame ! Quelle chance nous avons de l'avoir. C’est évidemment un plaisir que de travailler avec elle. C’est un régal.

olive : Où en sommes-nous de la défense des espèces protégées ?
Tataoui : Combien d'espèces vont s'éteindre d'ici les 20 prochaines années ?
Chaque année, est publiée une liste rouge de l'ensemble des espèces en voie de disparition. Les chiffres qui vont arriver seront très mauvais. Il existerait un million d'espèces actuellement en vie. Le WWF travaille sur un socle scientifique. Lorsque l'on parle de l'importance des zones humides, c'est qu'elles favorisent la biodiversité. Sauver le panda, il en reste 1 600 dans le monde, de même pour d'autres espèces telles que les tigres, les baleines, le thon rouge. Telles sont nos missions et l’urgence est plus que jamais de mise.

tornade : Que pensez-vous de toutes ces catastrophes naturelles qui frappent la planète? C'est à cause du réchauffement climatique ?
paulin : Que pensez vous de la marée noire aux Etats-Unis ? Et de la manière désastreuse dont elle a été gérée ?
Lalune : Bonjour Monsieur... Peut-on considérer "l'humanité" comme une catastrophe naturelle ?
Que notre monde soit prédateur, cela est une évidence. La marée noire, j’ai envie de dire : heureusement que cela s'est passé aux Etats-Unis, si je voulais être provocateur. Au Nigeria, il y a de semblables catastrophes de manière fréquente et personne n'en parle. Le silence complet. Ce pétrole je m'en serais peut être servi pour moi même. Nous vivons dans un monde carboné. Il y a un monde à reconstruire. A quoi cela sert d'aller vite si nous ne sommes pas épanouis. Nous ne sommes pas ce que nous dépensons, nous ne sommes ce que nous réalisons et ce que nous créons.

planète : Bravo pour votre événement dans les rues d'Orléans (les "troupeaux de pandas"). Quels autres événements de prévention sont prévus ?
mama : Vous organisez des "séances" d'initiation au développement durable pour les enfants? C'est quand même eux qui seront responsables de la planète à l'avenir...
Les 1 600 pandas c'était pour créer un évènement pour montrer qu'il reste 1 600 pandas dans le monde. Cela nous permet d'aller plus loin dans la défense de la biodiversité. Une prochaine action c'est le drapeau blanc, notamment pour favoriser la nourriture bio dans les cantines. Dès qu'un site serait menacé, nous ferons une flash mob sur la thématique. L'idée étant d'être solidaire avec notre environnement.

Merci Serge Orru. Le mot de la fin ?
Chacun doit faire sa part ou l'on que soit et qui que nous soyons. Chacun doit s'engager dans sa famille, dans son entreprise, dans son pays. Il faut s'engager et soutenir les associations. C'est l'humus de la démocratie. Engagez-vous pour la planète, elle en vaut vraiment le coup ! Merci à vous et à bientôt.